Protège-dents, genouillères, protège-oreilles : ce qu'il faut et ce qui est autorisé

Il y a une protection que les données soutiennent et que le règlement interdit, et une que le règlement ne mentionne même pas alors que les données sur les traumatismes disent de la porter.

BJJ Square · Mise à jour le 11/08/2026

Le jiu-jitsu utilise peu de protections, bien moins que d'autres sports de contact. En partie parce qu'on ne frappe pas, en partie parce que le règlement de compétition en interdit la plupart — et la logique de l'interdiction n'est pas la sécurité, mais empêcher que le rembourrage rende le kimono plus difficile à saisir.

Le protège-dents : le cas le plus étrange

Le règlement IBJJF ne le mentionne pas du tout. Il n'est ni obligatoire ni interdit : il est toléré par omission. Ce qui est curieux, parce que les données sur les traumatismes dentaires disent autre chose.

Une prise de position de l'Association of Ringside Physicians, de 2021, compare les sports de combat sur ce point. Le jiu-jitsu en ressort comme celui qui a la prévalence de traumatismes dento-faciaux la plus élevée : 52,9 %, devant la boxe et la lutte, toutes deux à 45,9 %. Le même document rapporte des études dans lesquelles les traumatismes dentaires passent de 25,8 % à 12,6 % avec un protège-dents.

Note Le même document est net sur deux points : il recommande des protège-dents faits sur mesure, pas préformés ni « boil-and-bite », et il affirme que l'efficacité contre les commotions n'est pas démontrée. Le protège-dents protège les dents, pas le cerveau.

Les protège-oreilles : efficaces et interdits

L'oreille en chou-fleur vient d'un hématome qui, répété, sépare le périchondre du cartilage et le laisse sans apport sanguin : le tissu se déforme définitivement. Ce n'est pas une question esthétique, et c'est extrêmement répandu : dans une étude portant sur des pratiquants d'arts martiaux de niveau national, 84 % des hommes avaient l'oreille en chou-fleur.

Les protège-oreilles fonctionnent : la littérature sur les lutteurs rapporte jusqu'à 50 % d'hématomes de l'oreille en moins. Mais en compétition, ils sont interdits, aussi bien dans le règlement IBJJF qu'à l'ADCC. À l'entraînement, ils sont autorisés, et presque personne ne les porte.

Attention ⚠️ Combien de gens les utilisent réellement au club, personne ne le sait : il n'existe pas d'enquête sur le jiu-jitsu. Qu'ils soient peu répandus est une observation courante, pas un chiffre mesuré.

Les genouillères

En compétition, elles ne sont autorisées que si elles sont souples, sans parties rigides, et à condition qu'elles n'ajoutent pas assez d'épaisseur pour gêner la prise de l'adversaire. Les attelles à charnières métalliques ou en plastique rigide sont exclues. Un détail pratique tiré du règlement : tu peux te peser sans genouillères, mais tu dois les porter au contrôle de tenue.

Note Sur l'utilité des genouillères en jiu-jitsu, nous n'avons trouvé aucune preuve : tout ce qui circule, ce sont des guides d'achat. Ça ne veut pas dire qu'elles ne servent à rien — ça veut dire que personne ne l'a mesuré, et que celui qui te les vend comme de la prévention va au-delà de ce qu'on sait.

Ce qui est interdit en compétition, point final

  • Les chaussures de toute sorte.
  • Les protège-oreilles et toute protection rigide de la tête.
  • Les coquilles et protections génitales.
  • Les lunettes et protections oculaires.
  • Les bijoux, les pinces à cheveux, et de façon générale tout matériau rigide.
  • Les couvre-chefs féminins, en revanche, sont autorisés, s'ils sont en tissu élastique, sans plastique ni lacets, et rentrés à l'intérieur du haut.

Les autres règles sur la tenue de compétition : le kimono en compétition.

Questions fréquentes

Le protège-dents est-il obligatoire en BJJ ?
Non, et le règlement IBJJF ne le mentionne même pas : il n'est ni exigé ni interdit. Les données sur les traumatismes dentaires le soutiennent pourtant, et le jiu-jitsu ressort comme le sport de combat à la prévalence de traumatismes dento-faciaux la plus élevée.
Peut-on utiliser des protège-oreilles en compétition de jiu-jitsu ?
Non : ils sont interdits aussi bien dans le règlement IBJJF qu'à l'ADCC. À l'entraînement ils sont autorisés, et ce sont la seule protection dont l'efficacité contre l'oreille en chou-fleur est étayée.
Les genouillères sont-elles autorisées en compétition ?
Seulement si elles sont souples, sans parties rigides, et à condition qu'elles n'ajoutent pas assez d'épaisseur pour rendre la prise plus difficile. Les attelles à charnières rigides ne sont pas autorisées.
Les protège-oreilles préviennent-ils l'oreille en chou-fleur ?
La littérature sur les lutteurs rapporte des réductions des hématomes de l'oreille allant jusqu'à 50 % avec l'usage de protège-oreilles. En jiu-jitsu, ils restent toutefois interdits en compétition et peu utilisés à l'entraînement.

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