La compétition

Pénalités et disqualifications : perdre un combat sans être soumis

La plupart des combats qu'un débutant perd ne se terminent pas par une soumission : ils se terminent par quatre pénalités au tableau, presque toujours pour des choses que personne ne lui a dites au club.

BJJ Square · Mise à jour le 23/09/2026

Le règlement IBJJF répartit les infractions en trois familles, et une seule suit une échelle progressive. Les deux autres mettent fin au combat — ou à la compétition — sur-le-champ.

L'échelle des pénalités

Pour les fautes sérieuses et la passivité, la progression est la suivante :

  • Première pénalité — seulement inscrite au tableau.
  • Deuxième pénalité — un avantage pour l'adversaire.
  • Troisième pénalité — 2 points pour l'adversaire.
  • Quatrième pénalité — disqualification du combat.

Les pénalités s'additionnent entre types : deux pour passivité plus deux pour faute sérieuse font quatre, et quatre vaut disqualification. Si les deux athlètes atteignent une troisième pénalité de passivité, l'arbitre relance le combat debout.

La passivité, et ce qui n'en est pas

La passivité est définie comme le fait de ne clairement pas chercher de progression de position. L'arbitre compte 20 secondes et donne le commandement « Lute ». Le règlement donne des exemples explicites :

  • Celui qui arrive en contrôle latéral ou nord-sud et ne cherche pas à avancer.
  • Celui qui, en garde fermée, enlace le dos de l'adversaire et le maintient là sans chercher ni points ni soumission.
  • Celui qui, debout, garde la main sur la ceinture de l'adversaire pour empêcher l'amenée au sol, sans attaquer.

Il énumère aussi ce qui n'est pas de la passivité : se défendre des attaques depuis la montée, le dos, le contrôle latéral ou le nord-sud n'en est pas. Tenir la montée ou le dos non plus, tant que les caractéristiques de la position sont respectées.

Le double guard pull

Si les deux tirent la garde en même temps, un décompte de 20 secondes démarre : si à la fin aucun n'est passé dessus, n'a une soumission verrouillée ni n'est sur le point de marquer, l'arbitre arrête, pénalise les deux et les relance debout. Même logique en 50/50 : celui qui saisit le revers ou la ceinture a 20 secondes pour progresser, ensuite la pénalité tombe, quelle que soit l'intention.

Les fautes sérieuses qui piègent les débutants

  • Les doigts à l'intérieur du bas de manche ou du bas de pantalon de l'adversaire — même en finissant un renversement.
  • Saisir l'intérieur du kimono, passer la main dedans pour attraper l'extérieur, ou mettre le pied dans la veste.
  • Une main ou un pied sur le visage de l'adversaire.
  • En no-gi, saisir de quelque manière que ce soit sa propre tenue ou celle de l'adversaire.
  • Fuir la surface de combat debout ou en glissant, ou pousser l'adversaire dehors sans intention d'attaquer.
  • Retirer son kimono ou sa ceinture en faisant interrompre le combat.
  • Mettre plus de 20 secondes à remettre sa tenue (le décompte est séparé pour la veste et la ceinture, la ceinture d'identification et le cordon du pantalon).
  • Poser le pied sur la ceinture de l'adversaire, ou dans le revers derrière son cou.
  • Désobéir à un ordre de l'arbitre, ou contester une décision par des gestes.

Cas particulier : celui qui fuit délibérément la surface pour éviter une position inférieure prend la pénalité et offre 2 points à l'adversaire.

Les fautes graves : disqualification immédiate

Ici, pas d'échelle. Le combat s'arrête dès que la faute est constatée :

  • Fuir la surface pour ne pas avoir à taper sur une soumission.
  • Kimono rendu inutilisable et non remplacé dans le délai donné par l'arbitre.
  • Ne pas porter les sous-vêtements exigés par le règlement.
  • Crèmes, huiles, gels ou toute substance rendant le corps glissant — ou le kimono plus difficile à saisir.
  • Étrangler à mains nues autour du cou sans utiliser le gi, ou presser la trachée avec le pouce.
  • Bloquer le nez et la bouche avec les mains.
  • Réagir exprès de façon à placer l'adversaire en position illégale pour le faire disqualifier.

Les fautes disciplinaires : hors de la compétition, pas seulement du combat

Ce sont des comportements, pas des techniques, et ils coûtent la disqualification de toute la compétition : langage ou gestes obscènes envers l'adversaire, l'arbitre, la table ou le public, avant, pendant ou après le combat ; attitude hostile ; mordre, tirer les cheveux, frapper, appuyer sur les yeux ou les parties génitales, ou tout coup traumatique ; célébrer de façon offensante ou ridiculiser l'adversaire ; simuler un combat truqué.

Note En dessous de 15 ans l'échelle change : aux quatrième et cinquième pénalités l'arbitre donne 2 points à l'adversaire et marque la pénalité, et la disqualification n'arrive qu'à la sixième. Le reste des règles enfants est dans les compétitions pour enfants.

À l'AJP, le compte est différent

Même structure en trois familles, deux différences qui changent la manière de combattre :

  • La première pénalité vaut déjà un point pour l'adversaire. La deuxième un point plus un avantage, la troisième un point plus deux points. La quatrième disqualifie.
  • Le décompte de la passivité est de 10 secondes, pas 20, et le commandement est « Action! ». Si l'athlète réagit, l'arbitre annule l'appel.

Traduction : à l'AJP une pénalité n'est pas un avertissement, c'est déjà un retard au tableau, et le temps pour réagir est réduit de moitié. Pour le reste des différences entre circuits : IBJJF, ADCC, AJP.

Source : IBJJF, *Rule Book* v6.1 (juin 2024), articles 6 et 7 ; AJP, *Rule Book* 2026 (août 2026), articles 6 et 7, et *Rules Update Guide 2026*, en vigueur depuis le 16 juillet 2026. Les points, eux, se comptent comme ceci.

Questions fréquentes

Combien de pénalités avant la disqualification ?
Quatre dans le règlement IBJJF, et elles s'additionnent entre fautes sérieuses et passivité. En dessous de 15 ans il en faut six : les quatrième et cinquième donnent 2 points à l'adversaire.
Saisir l'intérieur de la manche est vraiment une faute ?
Oui, et c'est l'une des plus fréquentes en première compétition. Attraper le bas de manche ou de pantalon avec les doigts à l'intérieur du tissu est une faute sérieuse, même en finissant un renversement.
Se défendre en dessous, est-ce de la passivité ?
Non. Le règlement exclut explicitement celui qui se défend de la montée, du dos, du contrôle latéral ou du nord-sud. La passivité, c'est ne pas chercher à progresser quand c'est à toi de le faire.
Que se passe-t-il si les deux tirent la garde ?
Un décompte de 20 secondes démarre. Si aucun ne passe dessus, ne verrouille une soumission ou n'est sur le point de marquer, l'arbitre les pénalise tous les deux et les relance debout.

Partager ce guide

Nous sommes sur Instagram

Les clubs de la carte, l’histoire du jiu-jitsu et les histoires derrière les noms des techniques. Nous publions en anglais.

Suivre @bjjsquare

← La compétition

À lire ensuite